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Rockfanch

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Musique de tous horizons et festivals au rendez-vous.


Elista - Janvier 2011

Publié par rockfanch sur 4 Avril 2011, 00:50am

Catégories : #Interviews

Le groupe de Melun Elista revient en ce mois de janvier 2011 avec un nouvel album intitulé "L’Amour, la Guerre et l’Imbécile". Le troisième du groupe.


Elista vient du nom d’un village russe en Kalmoukie. Ca vous brancherait d’aller jouer là bas ?
Et pourquoi pas ? Ce serait un clin d’œil amusant. On a d’ailleurs failli jouer en Russie, à l’époque du premier album. Nous, on ne demandait que ça, nos valises étaient prêtes et nous trépignions… Ce concert-là a été annulé, mais on est quand même allés jouer en Allemagne, en Belgique, en Suisse, au Québec… C’est toujours un plaisir de partir. On se met nos chansons sous le bras, et on leur fait voir du pays. C’est un plaisir à tous les coups.

 

Votre album s’appelle L’Amour, la Guerre et l’Imbécile. Pourquoi ce titre ?
Ce sont des mots forts. Dedans, il y a la douceur, la violence, l’hébétude. Ce troisième album, musicalement, s’est un peu radouci – il est plus pop que le précédent – les chœurs et les mélodies y ont une place importante, et pourtant, il y a une forme d’urgence dont nous ne délestons jamais nos chansons… et enfin, il y a cette petite incompréhension par rapport à tout ce qui se passe autour de soi, que chacun ressent je pense à des niveaux différents, dans sa vie – le sentiment, ou la peur, de perdre le contrôle. Alors voilà, tu as les trois mots : « L’amour » pour les mélodies, les harmonies, la douceur, « la guerre » pour l’urgence, « l’imbécile » pour ce sentiment d’hébétude que nous laisse parfois l’existence en filant trop vite pour nous.

 

Et qui est l’imbécile ?
Cet album étant plus autobiographique que les deux autres, on s’y exprime avec le plus de simplicité possible, comme pour engager une conversation avec l’auditeur, en partageant nos expériences. Alors, l’imbécile, c’est celui qui se retourne sur sa vie pour en faire un premier bilan, et qui réalise qu’il a fait des erreurs, quelles qu’elles soient. Ce n’est pas une insulte. « L’Amour, la guerre et l’imbécile, j’ai fait les trois choses à la fois », dit le refrain de la chanson-titre, qui parle d’un homme amoureux de deux femmes à la fois, et qui les perdra toutes les deux ; « courant des lièvres trop agiles, j’ai fait le vide autour de moi. » Voilà, lui son erreur, c’est celle-là, mais les erreurs sont inévitables de toute façon - quand on se retourne sur son passé, on voit qu’on a tous un peu de cet imbécile en nous.


Entre La Folie Douce et votre troisième album il s’est passé cinq ans. Vous avez fait quoi pendant ce temps ?
Certains ont fait des enfants, et s’en sont occupés (on est des hommes modernes, tu as vu ?). François (co-compositeur-chanteur) et moi (parolier) avons joué dans un court-métrage réalisé par François Nemeta et primé au festival d’Amiens (« Boulevard Des Hits », visible sur le net), et j’ai publié deux recueils de nouvelles aux éditions Noviny 44 : « Kicked Ass – récits de fond de panier » et « Hollywood en Larmes ». En fait, on n’a pas chômé ! Mais on va essayer d’accélérer, pour le quatrième album. Cinq ans entre deux disques, pour les fans, on comprend que c’est long.

 

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L’album éponyme Elista était orienté acoustique, le second La Folie Douce était assez électrique dans son ensemble. Pour le troisième vous nous crevez définitivement les tympans ou vous prenez le temps des ballades ?
Plutôt le temps des ballades. Après La Folie Douce, qui était comme tu le dis très électrique, et centrée sur l’énergie, on a eu envie d’autre chose. En fait, La Folie Douce était un gros album, très écrit, très construit. Après lui, on a eu envie de plus de simplicité et de spontanéité. On a chargé les guitares, les amplis, la batterie dans un camion, et on a roulé jusqu’à Beaumes-de-Venise, près d’Avignon. Là, on s’est installés dans une vieille maison, qu’on a transformée en studio le temps d’une semaine. On n’avait jamais travaillé de façon aussi chaleureuse. On ne s’était pas perdus, mais c’étaient quand même des retrouvailles. Au final, en écoutant l’album, je crois qu’on peut sentir cette envie de partage. Dans le disque, on parle de nous sans chercher la complication… et c’est en parlant de soi que l’on parle des autres. Et puis, c’est aussi un disque plus lumineux. Pour Antoine Gaillet, qui l’a enregistré avec nous et avait déjà travaillé sur « La Folie Douce », « L’Amour, la Guerre & l’Imbécile » est notre meilleur album.

 

Vous avez signé chez Wagram après avoir été débuté de chez Sony. Ca change un groupe les labels indépendants ?
En fait, nous n’avons pas débuté chez Sony mais chez Recall, qui était déjà un label indépendant à l’époque - celui de The Servant et de Hawksley Workman, à leurs débuts, par exemple. Sony n’est venu qu’ensuite. Bien sûr, au début, c’était un peu intimidant d’aller dans un si gros label, mais il y avait des gens là-bas qui voulaient vraiment bosser avec nous, donc ça s’est plutôt bien passé. Et aujourd’hui nous sommes chez Wagram, ça fait donc trois labels en trois albums… mais je crois que c’est surtout le reflet d’une réalité économique : si ça ne tenait qu’à nous, nous ne changerions jamais de partenaires. Je crois que l’histoire d’un groupe s’écrit avec celle de sa maison de disques. Les choses doivent se construire. Pour récolter, il faut semer. C’est une chose que beaucoup de labels ont oubliée. Il faut arrêter de vouloir tout, tout de suite.

 

Allez-y c’est l’encart promo. Cinq bonnes raisons d’acheter votre nouvel album à paraître le 24 janvier ?
Parce que les radios aiment La Saint-Valentin, notre premier single, et qu’on se déshabille dans le clip (moi non plus, je ne vois pas le rapport avec la question… J) ; parce qu’il a été attendu cinq ans, cet album (cinq ans, quand même !) ; parce que vous ne le regretterez pas ; et enfin, si vous aimez Elista pour nous soutenir – deux fois pour nous soutenir, même, car c’est le meilleur moyen de le faire.

 

Vous venez de Melun. C’est rock ’n’ roll comme ville ?
Non, par Rock’n roll au sens folklorique du terme. En réalité, c’est plutôt triste, banal et gris. C’est propre à la banlieue : ceux qui y vivent ont parfois l’impression que le temps y passe au ralenti. Et c’est là, justement, que ces villes deviennent Rock’n roll : quand leurs habitants s’ennuient. Car où que tu regardes, c’est souvent par ennui, que les musiciens commencent à jouer. Et c’est comme ça que l’on enrichit les autres… de trop s’être emmerdé. C’est bien fait, tout compte fait, tu ne trouves pas ?

 

Un scoop pour Rockfanch ?
Et si je te disais que l’on ne compte pas attendre cinq ans pour sortir un nouvel album ?

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