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Rockfanch

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Musique de tous horizons et festivals au rendez-vous.


Fête de l'Humanité 2013 (13 - 15 septembre)

Publié par rockfanch sur 18 Septembre 2013, 23:45pm

Catégories : #Chroniques concerts

Depuis 1936, le journal l'Humanité organise la fête la plus populaire de France : La Fête de l'Humanité. Le prix dérisoire du weekend (21 € cette année) permet à chacun d'accéder au festival entre conférences, concerts, théâtre et même fête forraine ! Cette année la programmation a laissé place à pas mal de débats. C'est sûr que si on la compare à celle de l'an dernier qui avait rameuté New Order, Patti Smith, Thiéfaine, Parov Stelar ou Shaka Ponk... On peut s'avouer déçu quand on voit que l'Evénement du weekend est la venue de M. Le pire dans tout ça ? On annonce que le weekend sera pluvieux, très pluvieux...

VENDREDI 13 SEPTEMBRE
Après un rapide détour à l'Agora pour y apercevoir Lilian Thuram à qui l''on avait laissé Carte Blanche, on se dirige vers la Grande Scène pour le live d'Asian Dub Foundation. Les anglo-pakistanais reviennent à la Fête après leur dernier passage (2005). J'ai un peu d'appréhension avant le live car j'ai jamais vraiment accroché aux titres du groupe. Le gros son est de sortie avec une succession de titres mixant guitares saturées, chant ragga / rap et beats puissants. Une bonne surprise en somme !
Suite à cette ouverture, le gros morceau du weekend si t'as quinze ans, tu fumes des joints, tu es contre l'aéroport de Notre Dame des Landes, tu manges bio et pleins d'autres trucs qui font chier le monde : Tryo. Le quatuor (oui parce qu'en plus ils savent pas compter) parvient à réussir un exploit incroyable : être insupportable dès le titre d'ouverture avec un chant ragga qui ressemble plus à un bain de bouche de Guizmo qu'autre chose. Le public lui semble au méga taquet et court même dans tous les sens pour accéder à la scène. On ne tardera pas à courrir aussi mais dans l'autre sens après avoir écouté une chanson qui parlait de la "raie du cul qui dépasse du pantalon des collégiens". Pour être honnête j'avais préféré Bénabar l'an dernier... On peut aussi souligner un gros manque de puissance de la part du groupe, non parce que l'acoustique okay ça pète pas forcément mais M le lendemain a fait quatre titres en acoustique et le son était franchement plus énorme!
Archive et moi c'est une histoire de rendez vous ratés, soit je ne peux pas aller au concert, soit ils annulent. A 22 heures pile, le groupe fait son entrée sur Finding it so Hard avec un son parfait et un light show impeccable, on sent dès les deux premières minutes qu'on va pas assister à un concert de guignols. Les versions lives des morceaux sont plus rock qu'en cd avec deux voir trois guitaristes présents comme sur System ou Sit Back Down. La setlist "best of" envoie du bois avec Again (même si je suis déçu que ce soit seulement la version courte), Fuck U (magistral) et You Make me Feel dans une version survoltée pour clôturer. ENORME.


SAMEDI 14 SEPTEMBRE
Après une nuit agitée au camping où un type a trouvé intelligent de jouer du djembé toute la nuit (je suis sûr qu'il avait des dreads, un sarrouel et qu'il m'espionne sur facebook). On commence notre samedi sur Zebrock avec le moment de poésie du weekend : GiéDré. Pas mal de gens chelou dans le public faut l'avouer sont venus regarder la jeune femme qui assure quand même grave le show sur scène avec son humour 3000ème degré !
La suite est moins drôle et plus humide. L'Hommage à Victor Jara (artiste chilien assassiné par la dictature il y a quarante ans) concocté par Zebda et El Comunero sur la Grande Scène est fait sous une pluie battante. Malgré le sale temps les Toulousains sont au taquet et mettent le feu à la scène. Au programme du set, des titres écrits par l'artiste ou sur l'artiste comme le Bruit des Bottes (reprise de Jean Ferrat) ou El Pueblo Unido Jamas Sera Vencido (qui fête aussi ses quarantes ans cette année) repris pour la 3001ème fois selon Mouss à la Fête de l'Huma ou le légendaire Hasta Siempre de Carlos Puebla. Malheureusement la pluie nous resigne à abandonner un concert d'une très bonne tenue.
Retour sur la Grande Scène après s'être restauré (et réchauffé le corps à coup de ti punch et de mojitos) pour retrouver Asaf Avidan qui est l'un des gros blockbusters des festivals cet été en France (une grosse vingtaine de dates dont les Eurocks ou les Charrues par exemple). On arrive juste pour le titre connu : Reckoning Song. Minimum syndical assuré mais si ça a été ça tout le concert, on aura pas perdu notre temps ailleurs.
Arrive enfin le Grand moment de cette Fête : le concert de -M-. Autant dire que le monsieur loyal de la Fête en fait des tonnes juste avant le live. Parce que oui il y a un monsieur qui présente tous les concerts avant qu'ils arrivent. En amont sur les réseaux sociaux c'est clair : M est l'EVENEMENT de la Fête. L'an dernier à la même heure c'était Patti Smith hein ... On a cependant des raisons d'y croire quand même :  -M- est une grosse bête de scène c'est connu et reconnu à travers toute la France, un musicien hors pair, il a une palanqué de tubes taillés pour les grosses foules et surtout il est revenu à une configuration live en power trio. Mais - car il y a toujours un mais - la déception est grande au final. Le concert commence avec un enchaînement de nouveaux titres (entrecoupés du Baptême et d'Onde Sensuelle) plutôt mous du slip. Ca manque clairement de pêche sur scène, on sent que M fait maintenant des albums plus adultes et qu'il est forcément moins fou fou en live. Le concert décolle seulement en milieu de set avec Mojo, Le Gimmick (personne n'est monté sur scène, c'est con un type ivre qui chante l'Internationale ça aurait été beau), Le Complexe du Corn Flakes, Je Dis Aime, Mama Sam et Machistador juste avant le rappel. Les trois titres en plus seront un peu décevants avec En Tête à Tête (pas son meilleur titre), son nouveau single Baïa et la reprise (assez pitoyable) de Mojo en version chorégraphie comme dans son clip. Bref, un live -M-oyen avec une setlist très déséquilibrée... Son passage de 2010 aux Charrues m'avait pas laissé un souvenir impérissable et là une question me vient à l'esprit, ce serait pas tout simplement ces anciens comparses Vincent Ségal et Cyril Atef qui manquent à ce live ? Parce que Chédid a clairement perdu de sa superbe. Le pire c'est qu'il a pas du se gêner pour cachetonner à mort... Déjà que l'Huma a plus beaucoup de sous...

DIMANCHE 15 SEPTEMBRE
Après avoir mangé un très bon burger (Merci Tim pour le bon plan), on se retrouve sur la Grande Scène pour voir Yvan Le Bolloc'h & ma Guitare s'appelle Revient. Pas grand chose à dire sur le live, j'écoute pas vraiment (ça fait cinq fois que je le vois ces dernières années), on ne pourra que regretter les gros problèmes de sons durant la petite heure de passage ou le larsen énorme qui accueille le groupe sur scène. Des problèmes de sons qui ont aussi été remarqués durant leur concert à Pontivy en août dernier.
L'Orchestre National de France prend le relais sur la Grande scène avec un programme grand public interprêté avec brio. L'Apprenti Sorcier de Paul Dukas (qui a inspiré Fantasia le premier film Disney), la Fantaisie sur Carmen de Pablo de Sarasate (avec Fanny Clamagirand en soliste violon) et pour finir l'Oiseau de Feu de Debussy compose ce concert d'une grosse cinquantaine de minutes et qui j'avoue m'a plutôt plu.
Pour clôturer cette Fête, un gros pari : la venue de Jamel Debbouze. Pour rajouter de l'épaisseur au spectacle du comique originaire de Trappes le monsieur Loyal nous sort "Le dernier à s'être produit seul sur scène ici était Guy Bedos", en gros : attention c'est ENORME. Oui, sauf que l'an dernier Pete Doherty... Il était aussi tout seul non ? En tout cas gros pari pour la Fête parce que la dernière tentative du genre (programmer Jamel dans un festival) c'était en 2006 aux Charrues et ça avait pas laissé un souvenir impérissable. Juste avant de l'accueillir on retrouve Malik Benthala issu du Jamel Comedy Club, il fait une grosse dizaine de minutes très rythmées et efficaces. Jamel arrive ensuite pour la dernière de sa tournée devant 80.000 personnes. Pour débuter il commence à parler de la Fête de l'Humanité, de  ses souvenirs avec les communistes... On a quand même l'impression qu'il est payé au nombre de fois qu'il va caser Communiste ou Fête de l'Humanité dans une phrase... Jamel enchaine ensuite son spectacle (après avoir enchaîné deux trois types dans le public) mais bon ... Il est temps de rentrer du côté de la Bretagne ou le bus nous attend.

Malgré la pluie, le week end fut excellent. Avec le temps (et la programmation ?), le public n'a pas été au rendez-vous (environ 450.000 personnes pour un festival qui en attire normalement plus de 600.000). On ne peut pas vraiment râler sur la qualité de la programmation vu le prix qui est proposé. Sérieux voir Archive, M et Jamel pour 21 €, y'a pire comme arnaque. On pourra par contre râler sur un gros problème : la gestion du temps. Alors la pluie on y peut rien, c'est comme ça. Rien n'a été fait pour éviter la boue, comme le paillage, dans les endroits ou il avait de l'herbe. Au camping on manque de perdre sa chaussure au moins dix fois avant de sortir pour retrouver la fête ! On peut aussi signaler un gros gros bordel au camping. Je suis désolé autant le bordel aux Charrues, ça parait normal c'est gratuit. Mais autant de souk alors que tu payes douze euros ton camping, c'est pas possible ! Malgré tout ça moi j'ai déjà hâte à 2014.

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Cartman971 19/09/2013 10:36

Au moins, c'est du vécu coco.

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