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Rockfanch

[LIVE REPORT] - Rio Loco les 15 et 16 juin 2018

Publié le 19 Juin 2018 par rockfanch in Chroniques concerts

[LIVE REPORT] - Rio Loco les 15 et 16 juin 2018

Ô Toulouse ! Sa Garonne, sa Place du Capitole, son Claude Nougaro... Et son festival Rio Loco,  qui prend place dans le coeur "vert" de la ville, la Prairie des Filtres. Cet événement, dédié aux musiques du monde, fête cette année sa 24ème édition. Petite nouveauté cette année, le festival n'est pas dédié à un secteur géographique en particulier mais à un style musical : la rumba. Une rumba universelle puisqu'elle prend des accents espagnols, cubains ou congolais. 

VENDREDI

Découverte du festival sur la Prairie des Filtres. Trois scènes sont disposés, la principale celle du Pont-Neuf ainsi que deux autres un peu plus éloignée : la Scène Garonne et la Scène Village. C'est sur cette dernière que débute notre odyssée du Rio Loco 2018. Au programme un mélange détonnant des genres. Le groupe parisien Arat Kilo invite Mamani Keita & Mike Ladd. La première est une des divas du Mali, le second un rappeur étatsunien. Le résultat ? Une musique ethio-groove distillée par Arat Kilo pendant que les deux vocalistes alternent entre la puissance du flow de Mike Ladd et la classe infinie de Mamani KeitaLe groupe calme le jeu en milieu de set pour laisser place à des instrumentaux dub chaloupés mais puissants... Avant d'abattre sa dernière carte, Angafile. Titre entraînant et hypnotique ! Une bien belle mise en bouche!

Place ensuite à Bachar Mar-Khalifé. L'artiste libanais présente son nouvel album sur la Prairie des Filtres intitulé The Water Wheel : A Tribute to Hamza el Din. Au départ carte blanche au festival des Nuits Botaniques, son spectacle s'est développé a voyagé à travers la France (Eurockéennes ou Vieilles Charrues notamment) et un album est né sorti en mai dernier. Autour de lui sur scène de sacrées pointures avec notamment Aleksander Angelov, bassiste aperçu lors de la tournée des Insus. Sans oublier l'incroyable batteur Dogan Poyraz et le saz électrique de Priam "Desmond" Bosano. N'y allons pas par quatre chemins, ce concert est une grosse claque. Le live est surpuissant avec des passages qui cognent tels du rock psychédélique. Au centre de la scène, Bachar Mar-Khalifé alterne entre piano, synthé et chant pour un résultat qui alterne entre émotion et puissance. Bravo !

Un mythe ensuite prend place sur la Scène Principale du festival, la scène Pont-Neuf. Il s'agit d'Ebo Taylor, ghanéen connu pour avoir électrifier le highlife, style qui donnera plus tard l'afrobeat du grand Fela Kuti. Sur scène c'est une explosion de cuivres, d'électricité et de bonne humeur communicative. Âgé de 82 ans, Ebo Taylor ne peut assurer la totalité de son concert et c'est au bout d'une demi heure qu'il arrive péniblement sur scène où on l'assoit sur une chaise. Le show se déroule autour de lui pendant qu'il chante et que le reste du groupe assure un beau set malgré la fatigue visible de son leader. 

Clôture de la soirée ensuite avec un choix de taille : Kokoko! ou Altin Gün ? Ce sera les deux, mon capitaine ! Le groupe congolais Kokoko! arrive sur scène avec une sacrée pêche et leur musique qui groove à fond. Les Congolais (renforcé par le producteur français Débruit) hypnotisent la foule avec ses instruments bricolés et son cri de "KOKOKOKO". Ensuite petit détour par la scène Village et Altin Gün, clairement l'un des groupes que j'attendais le plus. Révélation des Transmusicales 2017, le groupe turc-néerlandais me déçoit un peu. Même si c'est pas mauvais, ça manque réellement de fougue et c'est un peu plat sur scène comparé au concert de Bachar Mar-Khalifé. On sent qu'il peut se passer quelque chose, mais rien de bien transcendant au final.

 

SAMEDI

Pour cette seconde soirée, on prend les mêmes et on recommence ! En effet, certains musiciens de The Mauskovic Dance Club étaient sur scène la veille avec Altin Gün. Cinq membres forment le Mauskovic Dance Club, ils arrivent sur scène avec des looks ultra vintage en costume 70's. Leur musique est chaloupé comme il faut, tropicale à souhait naviguant entre les continents américains et africains tout en offrant une petite touche disco. Sympathique pour débuter cette journée sous le soleil, mais un petit peu répétitif. 

Sofiane Saidi prend la suite sur la scène Village surnommé le "Prince du Raï 2.0", est accompagné du groupe lyonnais Mazalda. Musicalement, c'est un raï aux allures 2.0 en effet. On ne nous trompe pas là dessus. Les instruments traditionnels du Maghreb rencontrent les instruments électriques comme la guitare ou la batterie pour un mélange résolument détonnant et réussi. La musique est envoûtante et prend réellement aux tripes, une belle découverte !

Formé par les meilleurs musiciens de l'île depuis 1995, le Afro Cuban All Stars entre sur scène. Musiciens tirés à quatre épingles, c'est la grande classe. Le tempo est très vif pendant la durée du concert. Une musique cuivrée et percussive menée par un Juan de Marcos Gonzalez (le fondateur du groupe) des grands soirs. Ses dreads sel et poivre dansent avec lui dans une chorégraphie endiablée. Pas forcément convaincu à la base par la salsa, là c'est la classe et la claque !

On termine enfin ce Rio Loco, avec LA tête d'affiche du festival : Keny Arkana. L'artiste marseillaise évolue depuis plusieurs années en marge du rap français. Elle qui est très politisée là où le rap se noie désormais dans une débauche de gros sous. Les mots rap alternent entre rage et messages positifs. On y parle écologie, de soulèvement sociaux... Les politiques en prennent aussi pour leur grade avec Nettoyage au Karcher. Keny Arkana fait aussi l'effort d'être accompagnée d'un vrai groupe sur scène qui alterne entre musique d'Amérique du Sud ou titres plus vifs. C'est le surpuissant La Rage qui va finir ce concert qui a été maîtrisé de bout en bout malgré quelques longueurs dispensables. 

Pour une première au Rio Loco, c'était une belle première ! De belles découvertes, du soleil et surtout un festival à découvrir absolument. Le Rio Loco c'est plus qu'un festival, c'est un tout avec des activités pour enfants, des stands de gastronomie du monde... Vraiment fascinant ! Et on remet ça l'an prochain du 13 au 16 juin avec comme thème central "Les Musiciennes du Monde". Voilà qui promet ! 

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