Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Rockfanch

[INTERVIEW] SMOGS & TACOS

Publié le 11 Mars 2019 par rockfanch in Interviews

[INTERVIEW] SMOGS & TACOS

D’où est venue l’envie de monter le groupe Smogs & Tacos ?
* Alexis (chant et guitare) : À l'époque je jouais déjà dans des groupes amateurs sur Bordeaux et j'allais à des jams et j'étais surtout bénévole dans un bar-concert (j'avais la chance de programmer et de voir un paquet de groupe tous les week end !). 
A force de voir régulièrement des concerts, de partager les fin de soirées avec des groupes, qui parfois sont en tournée, au bout d'un moment, ça titille ! Quand tu vois des musiciens prendre leur pied sur scène avec une énergie de dingue, t'as juste envie de vivre ça.  Surtout quand t' as un paquet de compos qui traînent et que tu ne trouves plus vraiment ta place dans tes projets déjà en cours. L'envie de monter mon groupe, faire mon truc à moi c'est parti de là.. Il manquait juste une rencontre pour lancer la machine...
Le groupe est clairement né d'une rencontre avec David (guitariste) lors d'une soirée. On a accroché humainement. je lui ai fait écouter mes compos en lui exposant mon idée du projet. La semaine qui a suivie on a fait notre première répète. C'était fusionnel, on était tout le temps fourré ensemble pour gratter ou aller à des concerts. C'est là qu'on s'est mis à la recherche d'un batteur, d'un bassiste et d'un violoncelliste... David n'est plus dans le groupe actuellement, mais la touche Smogs qu'il a impulsé est restée et ne cesse d'évoluer. 


Pourquoi avoir choisi ce nom ?
*smog: de l'anglais smoke, fumée et fog, brouillard. Nuage de pollution atmosphérique constitué de particules issues de la combustion (centrale au charbon, gaz d'échappement) qui stagne au dessus des grandes villes.
Le mot « Smogs » représente la partie incontrôlable, émotionnelle, transparente et opaque de notre musique. Il dissout les sentiments dans les mélodies, parfois il masque les ressentis. Il trouble la vision jusqu'à la destruction comme un nuage de pollution le fait en paralysant l'air ambiant de nos grandes villes industrialisées. Ce mot désigne ce que construit l'homme dans ces extrêmes tout en faisant semblant de ne rien voir.
Le mot « Tacos » représente la surdose et l'absurdité de ce monde. Toujours plus gras, toujours plus grand, cela se fond dans le nuage de pollution comme le second degré au sein de notre groupe. En résumé, nous sommes dans la démesure et l'autodérision : le plus gros smog est à Mexico  les tacos viennent du Mexique... Un brin stupide ? Le reflet du monde actuel ? Sans faire la morale ou donner des directives, nous exprimons notre ressenti en s'affranchissant des codes.


Quels sont les groupes qui vous ont poussés à monter ce projet ?
La plupart des groupes de grunge/rock alternatif des années 90/2000 : Smashing Pumpkins, Nirvana, Sonic Youth, Soundgarden, Silverchair, Pagoda, Alice In Chains, Foo Fighters,... Nous avons aussi été touchés par les vagues post rock et rock prog : Deftones, A Perfect Circle, Isis, Cult Of Luna, Puscifer, Khoma... Ainsi que par le stoner rock avec Kyuss, 1000 Mods, Fu Manchu. Pour clôturer cette liste on peut aussi citer des groupes comme Radiohead ou Nine Inch Nails pour les influences cold et mélodiques. 

Il y a t-il d’autres formes d’art qui vous inspirent pour Smogs & Tacos ?
La photo, la vidéo et l'illustration. On collabore avec Stéphane Keca, (photographe & vidéaste) depuis deux ans. C'est avant tout un passionné de musique et il a réussi à comprendre la sensibilité de nos compositions. Il a notamment réalisé un clip pour notre chanson Thoramali, un titre pleinement esthétique, filmé tout en lumière naturelle. Dernièrement il a fait une captation d'un live assez spécial, un concert dans un salon. La vidéo faire ressortir le rapprochement entre le groupe et le public. En photo il travaille beaucoup sur le noir et blanc, le contraste et les émotions. On apprécie la  réelle recherche artistique de son travail.
Quant à l'illustration c'est assez récent, c'est parti de la pochette pour notre album Dreams Removal. On a donc collaboré avec Allison Helwig pour la conception graphique et depuis nous avons repensé notre scénographie. On retrouve notamment l'illustration de la pochette réadaptée en Kakémono, de chaque côté de la scène.

Si vous pouviez définir votre style en trois mots ? 
Envoûtement / Passion / Energie /Coeur

Pourquoi avoir baptisé votre album Dream Removal
Cela vient des paroles de notre chanson Social Funeral. On a jammé sur le passage planant de cette chanson et de cela est sorti un autre morceau. C’est l’instrumentale en  intro sur l’album qui s’appelle elle-même Dreams Removal. Le lien s’est fait entre les deux puisqu’elles s’emboîtent et s’enchaînent. Dreams Removal c’est une ablation des rêves. C’est quelque chose d’horrible, on vous coupe sauvagement ce qui vous permet d’être libre et infini : le monde des rêves !

Après deux EP, ça n’a pas été difficile de passer sur un LP donc un travail forcément plus long ?
C’est dans la continuité de notre travail, notre évolution passe par ce format. Nous avons nos périodes de composition, avec les envies du moment et des ambiances que l'on cherche à explorer. L’écriture des morceaux prend du temps mais cela vaut la peine d’être poussé à fond. Pour nous c'est un album abouti et plein de maturité. 

Comment on intègre un violoncelle à un groupe de rock ?
Avec grâce et légèreté ! Nous créons de nombreuses atmosphères instrumentales et planantes, le violoncelle navigue complètement dans ces ambiances, il nous emporte avec lui. Parfois il passe devant et souvent il se marie avec la guitare soliste. 
Une fois les morceaux achevés on se dit que la présence du violoncelle est logique et il semble avoir toujours été la. 

Comment vous composez vos titres ?
Cela part d’un riff où d’une idée de structure apporté par la guitare ou la basse. Une première ambiance sort de l’ensemble. Ensuite on jamme, on brode autour et on apporte encore des idées. Ensuite on prend du recul et on réajuste l’ensemble pour arriver à un morceau équilibré et qui permette à chacun d’exprimer ses envies. Enfin le texte arrive après.
On aime rentrer en transe, provoquer la tension, la relâcher pour mieux exploser derrière. On pousse les murs de chaque ambiance pour envoûter l’auditeur.
Depuis la sortie de l'album Dreams Removal, nos nouvelles compositions vont encore plus loin dans l'exploration des passages progressifs ainsi que dans les structures. On s'autorise plus de liberté dans les plans instrumentaux. 

Ça part d’un texte ou d’une musique ?
La plupart du temps cela vient de la musique. Par dessus l’instrumentation, le chant vient se poser en « yaourt » avec des placements spontanés. Ensuite, on écrit les paroles en se basant sur ce « yaourt » pour faire sonner les mots avec les notes.
Pour nous, la composition d'un titre vient essentiellement d'un plan musical et de l'énergie qui gravite quand on l'explore. 


De quoi parlent vos textes ?
Des relations humaines, de notre société actuelle et énormément de sentiments : la folie de l'homme, ses excès dans l'amour et dans la haine. Sa bestialité et son côté extrême. Nos paroles parlent aussi d'espoir, d'échappatoire, d'expériences de vie et du plaisir de profiter au maximum des choses comme elles viennent. Métaphores, sous-entendus, poésie, on joue parfois avec les expressions et la phonétique. 

Avec qui aimeriez-vous faire une collaboration artistique ?
Avec Sleeppers ! Ils sont de Bordeaux également. Pourquoi pas un split et une tournée avec eux…^^

Votre meilleur souvenir de scène ?
Au « Rock Classic » à Bruxelles. Un public passionné et une ambiance de dingue. Première fois que nous jouions en Belgique, et on aurait dit que le public nous connaissait. Ils se sont renseignés, ils ont écouté nos morceaux avant le concert et on crié pour qu’on joue certains titres. Un public motivé, réactif et hyper accueillant. C’était génial.

Le pire ?
Malheureusement dans le monde de la musique il y a des personnes qui veulent profiter des artistes. On est tombé à deux reprises sur ce genre de personnes, on peut même carrément parler d'escrocs : Le premier était un faux tremplin avec un label fictif, qui voulait juste se faire de l'argent sur notre dos. Le second était une école de formation d'ingénieur du son, qui nous a proposé d'enregistrer notre album dans le cadre de leur projet d'étude. Mais en réalité, on a découvert que le Diplôme n'était pas reconnu, que le directeur détournait le matériel et l'argent de ses élèves... Je crois qu'on a vécu le pire !

Un scoop pour Rockfanch ?
On termine actuellement l'enregistrement d'un nouveau morceau, et le clip est en préparation… On a hâte de sortir tout ça.

Commenter cet article