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Rockfanch

[INTERVIEW] DBK PROJECT

Publié le 2 Juin 2019 par rockfanch in Interviews

[INTERVIEW] DBK PROJECT

Comment est né DBK Project ?
* Mélanie (chant) : A la base, nous sommes tous des artistes toulousains avec chacun des groupes respectifs pour la plupart. Ce sont deux membres des Notaires qui ont voulu monter un projet qui s'éloignait de la chanson française et ils m'ont proposé d'être chanteuse dedans. Milu, une djette polonaise, est venue se greffer au groupe pour s'occuper du son et des samples. Vu qu'elle chante aussi super bien, elle est devenue une des trois voix du projet. Enfin, un batteur est venu se rajouter et la formation était complète. L'idée c'était de se retrouver autour d'un projet commun, même si on ne se connaissait pas avant.

DBK Project est composé de cinq membres c'est ça ?
* Mélanie : Nous sommes cinq sur scène. Après quand on est en studio, d'autres personnes viennent participer avec nous. Comme Pompon, qui a réalisé l'album et qui joue de la basse. On a aussi quelques invités qui sont venus jouer de la guitare. Mais on a aussi toute une équipe qui gravite autour de nous avec un graphiste, un manager, etc. 

Pourquoi avoir choisi le nom DBK Project ?
* Mélanie : Il n'y a pas vraiment de raison... Mais c'est un nom que l'on a trouvé rapidement et que l'on a mis peu à temps à s'approprier. Maintenant, on peut trouver plusieurs histoires autour de ce nom mais il n'y a pas de signification précise. 
* David : Les lettres DBK ne veulent rien dire en fait. C'est pas Diabolo Banane Kiwi ...
* Mélanie : En tant que bretonne, tout le monde m'a demandé ça.
* David : Après, maintenant, on a réussi à y mettre du sens dans ces trois lettres. C'est un nom qui passe bien avec l'histoire de fin du monde que l'on a créé autour du projet. Il est assez imagé.
* Mélanie : C'est comme si c'était un nouveau dossier. Le DBK Project, nouveau dossier secret de la fin du monde. 
* David : Dans l'histoire que l'on a créé, le nom DBK Project a évolué. Au départ, c'était le nom d'un réseau technologique dans lequel des survivants pouvaient se retrouver. On a donné une identité au nom, mais ça reste pour nous au final. 

Pourquoi avoir baptisé votre premier album 480 ?
* Mélanie : 480, c'est le nom de l'héroïne de l'histoire. Elle vit dans le même monde que nous mais un jour, elle se réveille dans un monde saccagé et dévasté. Il a un parallèle avec Matrix, quand Neo se réveille après avoir été débranché. Je raconte ça avec d'autres mots mais on est sur la même symbolique. J'ai baptisé l'héroïne ainsi puisque les allitérations en k ça fait comme si c'était une arme. C'est un numéro puisque dans le monde dans lequel elle se réveille tout le monde a des numéros.

Un monde post-apocalyptique donc 
* Mélanie : Totalement inspiré par la littérature d'anticipation ou de films comme Mad Max.
* David : L'Armée des Douze Singes, Matrix ...
* Mélanie : Terminator 2, le meilleur film du monde !
* David : Même si l'on est pas tous des gros fans de SF, c'est quelque chose qui nous parle et qu'on aime bien. On est pas des geeks autour de ça. 
* Mélanie : C'est générationnel aussi, quand j'avais entre dix et quinze ans c'est Terminator 2 qui m'a beaucoup marqué. Matrix plus tard. Ce sont des films qui peuvent parler à tout le monde. En plus, j'y crois. Ca reste possible en tout cas. 

Si je comprends bien, les influences du DBK Project ne sont pas uniquement musicales...
* Mélanie : Non, il y a aussi des films, des livres comme La Route.
* David : Ils l'ont adapté au cinéma et à un moment, il pleut des cendres. L'histoire peut aussi me faire penser à des jeux vidéos comme Resident Evil ou encore des séries comme The Walking Dead. Avec cette voie express bordée d'arbres. C'est toujours la route qui me revient quand je pense à l'histoire. On a pioché dans toute notre culture pop...
* Mélanie : Pop post-apocalyptique !
* David : Quand on a voulu définir le style musical de DBK, on s'est dit qu'on faisait de la pop apocalyptique. Mais on se disait que c'était de la branlette quand même. Après, chacun peut se créer son univers autour du DBK et avec des références qui sont souvent des films ou des séries comme Terminator, Matrix, Black Mirror, The Upside Down, Stranger Things ... 
* Mélanie : On parle aussi du thème de l'éveil, du réveil... De la prise de conscience autour du monde qui nous entoure.  

Mélanie, tu as écris l'histoire avant d'écrire les chansons ?
* Mélanie : Certaines chansons ont été écrites avant et il a fallu les adapter à l'album. Parce qu'il n'y avait plus trop de logique. J'ai écrit la plupart des titres en tout cas, la partie française et quelques titres en anglais aussi. On a aussi modifié des parties de textes pour que ça colle à l'histoire. D'autres titres sont nés pour soutenir l'histoire.
* David : Au tout début, il y avait des titres mais pas l'idée d'en faire une histoire. Deux EP sont sortis entre 2016 et 2018 où il y avait respectivement cinq et quatre titres. Mais tout n'était pas compatible avec la nouvelle histoire qui s'est écrite autour de 480. Les titres ne pouvaient pas entrer directement dans l'histoire, alors on a du réécrire. Sur l'album, on retrouve Violent Girl, qui a été l'un des premiers singles du groupe. Ce titre est sorti avant même qu'on pense à une histoire ou qu'on veuille dire quelque chose. On s'est interrogé sur le titre, est ce qu'on peut le garder dans l'histoire, comment l'adapter pour qu'il entre dans l'histoire. Certains titres ont été supprimés ou la structure a changé. Les paroles ont été modifiées ou parfois pas. 
* Mélanie : Violent Girl, c'est une femme qui ouvre les yeux sur un monde violent. Ca avait du sens. Sur les retours que l'on a de la part des gens, on nous dit qu'il y a une cohérence entre les chansons et la narration. 

Sur les styles musicaux abordés tout au long de l'album, c'est très hétéroclite. On y retrouve de la pop, du disco, du jazz... Le style musical vient-il en fonction de ce que vous voulez raconter sur le titre que vous composez ?
* Mélanie : Sur certains titres, complètement. Behind the Wall en piano-voix c'était totalement ce que l'on voulait exprimer avant qu'il y ait une explosion. Pour La Bataille, j'ai écrit le texte en fonction de la musique qui a été composée. J'ai fait évoluer le texte par rapport à la musique.
* David : On avait aussi la volonté de ne pas rester coincé dans un genre musical. L'histoire donnait une continuité et c'est hétéroclite. Ca permettait d'aller dans tous les styles sans trop choquer. Tu fais un album avec un peu de pop, un peu de rock et un peu de disco. Ca aurait été super bizarre à écouter, ça aurait été une sorte de compilation en fait.

Comment va se dérouler le live ?
* Mélanie : Ce sera l'album en entier avec toutes les narrations. On part sur une idée de concert conte. J'ai un micro HF et je vais me balader dans le public. Les narrations seront un peu plus courte que sur l'album et soutenue par la musique. Tout file directement, l'histoire est toujours là avec une interaction avec le public. Il n'y a pas de quatrième mur. 
* David : Il y a déjà eu une dizaine de concerts, mais là l'idée c'est de le réadapter à l'album. Tout sera dans l'ordre précis du tracklist de 480.

Oui parce que si vous commencez à tout mélanger, on va se perdre facilement...
* Mélanie : Ca a été horrible pendant des années. Il y a eu un moment, on devait jouer vingt minutes. On avait des concerts mais je continuais à écrire l'histoire en parallèle pour finir l'album. Des fois, les musiciens disaient "non on va pas faire ce morceau, ni celui-là. On prend ces sept morceaux là, réécrit l'histoire par rapport à ça" A chaque fois je devais écrire une histoire différente, sur le même thème bien entendu mais c'était une grosse galère. Pour les prochains concerts, on s'est mis d'accord et on s'est dit que si on jouait 40 minutes, c'était les 40 premières minutes de 480. Vingt minutes, les vingt premières minutes, etc.
* David : Le spectacle est comme l'album, il dure 1h15. Et c'est très rare les concerts qui vont faire cette durée. C'était le truc le plus compliqué du projet. Il y a une grosse densité autour de DBK. Aussi bien musicalement que par la narration. On a essayé de tout simplifier pour qu'un enfant de cinq ans puisse comprendre. On avait une grosse base assez brute et on a diminué au maximum pour simplifier. Là normalement, c'est compréhensible, on ne décroche pas trop et le live ça devrait être pareil.
* Mélanie : Surtout en concert, on sait que le public n'est pas toujours attentif à 100%. Ils peuvent aller boire un verre. 
* David : Nous on avait la tête dedans au moment de préparer 480 donc on connait l'histoire par cœur. On a créé des sous-histoires avec des personnages, le monde de DBK Project est beaucoup plus vaste mais on ne peut pas l'aborder en concert parce que ça part dans tous les sens. A la base, il y avait plusieurs personnages. Là on ne suit que cette femme, 480. On a simplifié ça par exemple, pour que les gens puissent s'identifier plus facilement et que ce soit moins fourni et moins dense.  C'était galère d'étayer tout ça, parce que se disait qu'il pouvait se passer des péripéties avec ou sans elle dans l'histoire. Mais au final, on a décidé de se concentrer que sur elle. Il y a eu certains concerts où il n'y avait pas une histoire aussi construite et les gens nous disaient "C'est super... Mais j'ai rien compris, je pourrais pas vous résumer ce qu'il se passe." Là on s'est dit qu'il fallait que l'on puisse comprendre et résumer en trois phrases ce qu'il se passe autour de 480.
* Mélanie : Tout en gardant des effets de styles poétiques que j'aime beaucoup. Des jeux de mots pour parvenir à un résultat qui ne fasse pas "Il était une fois..." et mettre du corps dans la narration. Pour que ça ne fasse pas trop artificiel. 

Vous avez sorti un clip baptisé Anastacia, pourquoi avoir choisi ce titre ?
* Mélanie : On trouvait que c'était un titre fort de l'album. On le trouvait très pop, et on voulait mettre en avant un titre en anglais.

Il a été tourné où ce clip ?
* David : On a travaillé avec Paul Gibert, qui est un réalisateur de clips. Je l'ai trouvé sur internet parce qu'il a clippé un groupe toulousain qui s'appelle Donna Confuse. J'ai trouvé le clip vraiment super alors je l'ai envoyé aux autres membres du groupe. L'univers du clip collait bien au DBK Project parce qu'il était futuriste. J'ai demandé l'accord aux Donna Confuse pour travailler avec lui. Le processus a mis beaucoup de temps à se mettre en place, un an et demi. Le clip a été tourné en novembre dernier pendant quelques jours sur le plateau de Beille dans les Pyrénées pour l'extérieur, dans son studio à Toulouse pour l'intérieur. Et un peu à la plage aussi. Tous les décors ont été créées. Il y a un vrai Soyouz de trois mètres, un énorme parachute de dix mètres, les costumes ont été créées, le robot qu'on voit dedans c'est une voiture télécommandée avec deux tractopelles dessus. Et ça a pris des semaines à faire ça dans sa cave et on a tout fait à la main. 

Pourquoi avoir choisi le Connexion Live pour faire votre release party le 6 juin ?
* David : Le Connexion a un côté indus, qui peut coller à la thématique de l'album. En terme de capacité on avait le choix entre le Rex et le Connexion, et notre ingé son a préféré le Connexion.
* Mélanie : On voulait une salle accessible par le centre ville ! 
* David : On ne voulait pas se retrouver trop loin. 

Pourquoi La Choze en première partie de cette release ?
* Mélanie : C'est Clément le guitariste qui les connait bien. Il a réalisé leur dernier clip et nous a proposé le groupe. 
* David : il n'y a pas de lien direct au niveau ambiance ou narration avec La Choze. 

Est-ce que vous avez un scoop pour Rockfanch ?
* Mélanie : Je vais virer le batteur !

 

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