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Rockfanch

[LIVE REPORT] Rio Loco 2019

Publié le 18 Juin 2019 par rockfanch

[LIVE REPORT] Rio Loco 2019

Dédiée aux femmes, cette édition 2019 du Rio Loco, s'est avérée un excellent cru avec de belles découvertes et des têtes d'affiches qui assurent !

JEUDI 13 JUIN

C'est sur la scène Village que s'ouvre cette édition 2019. Avec un projet original baptisé Al Akhareen (les autres en arabe). Mené par la flûtiste Naïssam Jalal (qui fait aussi office de second MC) et du rappeur Osloob, ça s'avère explosif. Un superbe melting-pot entre rap en arabe, grosse rythmique hip-hop et influences du monde entier. Une belle entrée en matière, assurément !

Jah9 & the Dub Treatment, vous connaissez ma passion pour le reggae, alors je suis allé manger. Parce que oui, le Rio Loco en plus d'être un festival culturel est aussi un festival gastronomique avec des plats des quatre coins du monde à des prix légèrement élevés, mais vu le prix du billet, ça compense tout de même. 

Place ensuite à celle qui a su se faire un beau prénom malgré l'héritage de son nom, Lisa Simone. L'étasunienne a une présence  incontournable sur scène et fini même par faire un petit bain de foule dans une musique qui oscille entre pop, blues et jazz. Elle jouera même trois nouveaux morceaux ce soir au grand bonheur du public Toulousain à qui elle offre beaucoup notamment en s'exprimant dans un excellent français.

Sur la grande scène Pont-Nefu c'est un OVNI qui évolue devant nos yeux : Underground System. Originaire des Etats-Unis, le groupe mené par Domenica Fosseti offre un cocktail explosif entre rock, électro et pop. On se secoue de partout et on apprécie ce groupe qui nous fait sacrément penser au LCD Soundsystem.

Après tout ça, direction le dernier concert de la soirée : Gaye Su Akyol. L'artiste que j'attendais le plus sur le papier ça avait l'air fascinant. Oui, sache jeune lecteur que je n'écoute jamais un groupe avant de le découvrir sur scène. Et là, je ne regrette rien. Entouré de quatre musiciens en robe de burre et masques noirs, Gaye Su Akyol débarque sur scène avec tenue toute en cuir et cape dorée, la Wonder Woman Anatolienne. Elle est totalement magnétique et déroule sa pop-rock d'une manière très classe. Une puissante et excellente découverte !

VENDREDI 14 JUIN

Seconde journée au Rio Loco, où il a plu... Et oui un Rio Loco sans pluie c'est pas vraiment un Rio Loco.  Le site est un peu boueux, mais bon ça passe. Arrivé durant la prestation de Kate Tempest. La première journée a été électrique, la seconde le sera aussi ! Encore une artiste fascinante proposée par le festival toulousain. A la fois poétesse, dramaturge et slammeuse, l'artiste aux mille facettes frappe un sacré coup malgré le temps morose avec un spoken word aux allures pop et rock. On est bien avec Kate dont le phrasé nous rappelle un autre londonien, Mike Skinner des Streets. Surtout sur le titre Europe is Lost.

Belle découverte avec Lakuta, la britannique est un cocktail de saveurs. Ils sont beaucoup de musiciens autour d'elle, une dizaine. Des cuivres, des percussions de partout et les immanquables guitare, basse et claviers. Le public danse, chante dans une communion impeccable. C'est beau. 

Ensuite place à la grande scène pour voir A- Wa. Grosse prestation pour le groupe mené par les soeurs Haïm qui fascine autant qu'elle électrise. C'est vraiment bien calibré et l'énergie est communicative pour ce mélange entre tradition yéménite et musique boostée au rock et au hip-hop.

SAMEDI 15 JUIN

Après deux journées très électriques, ce samedi est une oasis de calme. Un peu trop peut-être. La journée s'ouvre avec Dom la Nena. Seule en scène, elle offre une belle prestation avec son violoncelle et ses boucles. Elle a une belle présence sur scène, s'exprime dans un français impeccable et captive rapidement son auditoire. Lui proposant de chanter, faire un concours de salsa et jouera même un titre en français. Une entrée en matière très cool.

La grande scène maintenant pour y voir la marocaine Oum. J'attendais sa prestation avec impatience, vu qu'elle était un des coups de coeur des organisateurs. Mais voilà, la prestation est feutrée... Très feutrée. C'est beau à écouter mais le manque de rythme casse un peu l'envie au bout d'un moment, surtout que l'on a eu des prestations ultra remuantes les jours précédentes. 

Ensuite place à la scène Garonne, où se produit la très jeune Nilüfer Yanya. Elle est entourée de trois musiciens dans une configuration assez étrange, une saxophoniste / clavier à sa droite, un batteur de côté sur sa gauche et un bassiste derrière elle. Soit. Musicalement on est sur de la pop-folk et ce qui s'en dégage c'est que c'est vraiment intéressant mais un peu "jeune". Preuve en est, certains regards paniqués entre deux morceaux entre musiciens... Mais il y a un fort potentiel, c'est indéniable pour celle qui a sorti son premier album Miss Universe (en référence à ses origines) au début du printemps.

Invitée de dernière minute, Kimberose assure un set soul en remplacement de Fatoumata Diawara. Alors oui, ça remue sur scène, mais il y a quelque chose qui fait que la prestation, je n'accroche pas, trop téléguidé.

Sur les coups de 23h10, elle arrive. LA tête d'affiche du festival, Jeanne Added. Malgré un début de prestation un peu mou, elle reprend rapidement le dessus pour livrer un show sombre et explosif. On se souviendra de ce surpuissant A War is Coming, où elle prend sa basse entourée de ses trois musiciens (dont Emiliano Turi à la batterie, aperçu chez Eiffel). Jeanne Added assure en faisant une prestation remuante, électrique mais aussi avec de forts moments d'émotion comme ce sublime Radiate.

Ce Rio Loco a été une réussite. De belles découvertes, une programmation éclectique qui convient à tous les publics. Un thème fédérateur et engagé. Bref, on attend impatiemment l'édition 2020 !

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