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Rockfanch

[INTERVIEW] THE PINK ONE

Publié le 16 Septembre 2019 par rockfanch

Crédit photo : GAB Photographe

Crédit photo : GAB Photographe

Pourquoi changer votre nom de The Red Browsers en The Pink One ?
* Lucas (chant, guitare) : C'est très très vaste...  La réponse peut être très longue tu sais ! La chose principale, c'est que The Red Browsers, c'est rapidement devenu une barrière. Que ce soit visuellement ou musicalement, j'ai ressenti que j'étais enfermé dans quelque chose. J'avais beaucoup d'idées, notamment de sons, mais ça ne collait pas avec le style et l'ambiance de The Red Browsers. J'étais frustré. Le rose c'est resté dans ma tête pendant un moment. J'avais l'idée de créer une formation plus électrique, plus poussée en terme de compositions. J'en ai eu marre de vouloir faire plusieurs choses en même temps et j'ai tout centré sur un seul et unique projet. Un jour je suis allé voir Guillaume et je lui ai dis "Faut qu'on change pour The Pink One." Il m'a dit "T'es sûr ?" 
* Guillaume (batterie) : Au départ, j'étais un peu perplexe mais ça nous a permis de faire autre chose. Désormais The Pink One a une identité plus marquée que ce que pouvait être The Red Browsers que ce soit musicalement et visuellement. C'est davantage cadré.
* Lucas : L'idée est venue de l'association que j'avais créé en décembre 2018, qui se nomme Pink Raider Productions. Cette association a pour symbole un personnage, le Pink Raider. L'univers de The Pink One est parti de tout ça. Il prenait tellement de place ce personnage, que je ne pouvais plus faire The Red Browsers. J'étais enfermé. Je voulais faire autre chose.
* Guillaume : C'est comme une chrysalide. 
* Lucas : Totalement ! On enregistrait un album pour The Red Browsers de douze titres. Plusieurs amplis ont cramés et ça nous a stoppé pendant deux mois dans notre projet. C'est pendant les deux mois d'interruption que j'ai eu toute cette réflexion autour de The Red Browsers. Ca m'a fait péter un plomb un peu. Maintenant, je suis habitué huit amplis flingués. C'est la routine ! 
* Guillaume : Après c'est un virage que l'on a pris, mais il n'est pas non plus opposé à ce que l'on faisait avec The Red Browsers. C'est une évolution plus marquée, plus identitaire que le précédent projet. En terme de son, il y a des choses que l'on réutilise. 
* Lucas : Dans notre nouveau son, celui des Pink One, on perd le côté blues mais on garde le côté punk énergique. 

Pourquoi The Pink One ?
* Lucas : Je ne sais pas du tout ! Enfin si. Le rose c'est ma couleur préférée. Je l'adore pour pleins de raisons différentes. Ca sonnait bien aussi The Pink One, il y a ce petit rappel au personnage Pink Raider qui est présent dans l'univers du groupe notamment dans les visuels. Son casque c'est le logo du groupe. 
* Guillaume : Au début, j'étais réticent au côté rose. Mais bon au final, je trouve ça marrant. 
* Lucas : Il y a un côté moderne aussi avec ce rose. Dans les visuels c'est plus une couleur qui renvoit aux années 80 et au cyber punk qu'à un côté girly. 


 Vous n'avez jamais pensé à intégrer d'autres musiciens dans The Pink One ?
* Lucas : J'y ai pas mal pensé, surtout pour le son. Je travaille avec une Loop. Une basse ça pourrait vraiment apporter, après je pense que ce n'est pas encore le moment d'intégrer cet instrument dans The Pink One. Ca arrivera peut-être un jour. Les compositions de ce nouveau projet partent plus loin que celles de The Red Browsers. Parfois, avoir un musicien en plus qui tient une ligne rythmique ça pourrait ouvrir de nouveaux horizons qui seraient cool. Ca donnerait plus de libertés et moins de prises de tête sur la construction avec la Loop. 
* Guillaume : Le seul bémol d'ajouter un musicien, c'est qu'on doit le former sur tous les morceaux que l'on a fait précédemment. Ca créé une période de compositions plus grande ! Après ça ouvre aussi de nouvelles possibilités mais pour le moment ça tourne bien donc ce n'est pas une grande nécessité. 
* Lucas : Là où ça change aussi, c'est sur scène. Être deux ou être trois, ce n'est pas la même chose. Qu'est ce que ça donnerait à trois ? Le duo ça nous satisfait pour le moment. Surtout que là, on a fait des changements musicaux. Je joue sur deux amplis maintenant et j'ai une Loop. La réflexion est partie pour le moment, mais ça reviendra peut-être.

[INTERVIEW] THE PINK ONE

Vous continuez à jouer des titres de The Red Browsers ?
* Lucas : Majoritairement ce sont des titres de The Red Browsers qui composent notre setlist ! Certains ont été plus ou moins modifiés...
* Guillaume : C'est complémentaire entre les anciens et les nouveaux titres. Je ne sais pas encore si tous les anciens seront remplacés par les nouveaux.
* Lucas : Les anciens évolueront ! On parlait du projet d'album avec les Red Browsers, c'est pas exclu qu'on enregistre finalement ces titres là mais en les réarrangeant. 

Est-ce que vos influences évoluent musicalement parlant ?
* Guillaume : Cette année, je suis à fond dans le stoner et le garage ! Mon jeu qui avant était blues et groove, devient maintenant plus bourrin. Ces temps-ci, j'aime bien écouter FIDLAR. J'écoute beaucoup de choses, c'est difficile de ne citer que quelques artistes.
* Lucas : Je prends toujours autant de plaisir  à écouter les titres que j'adorais il y a deux ans. Ca évolue, ça s'ajoute en fait les artistes. Je vais piocher dans les recommandations de Spotify, j'aime beaucoup. J'ai eu une période de recherche intense au niveau de la musique au Japon où je me renseignais et j'ai beaucoup cherché. En ce moment, je suis dans une période marquée par les OST de Jeux Vidéos. C'est très minimaliste, 8 bits. J'écoute aussi Pantera. 

The Pink One intègre aussi un côté expérimental. Qui n'existait pas précédemment dans The Red Browsers...
* Guillaume : C'est déjà plus marqué psyché et progressif. On s'affranchit du blues pour partir dans des terres musicales plus indépendantes. 
* Lucas : Je veux surtout chercher des sons à la guitare dans The Pink One. Je n'aime pas les solos de guitare. Dans le metal, j'aime les rythmiques. Pas les solos. Ce que je kiffe avec la guitare, c'est faire des sons chelous. Si je peux faire un djembé avec ma guitare, ça m'éclate. Tu peux tout faire avec une guitare et j'aime pousser ça au maximum. C'est ça qui donne le côté expérimental. Les structures sont plus poreuses aussi, moins carrées qu'avant, on fait des choses plus complexes. 
* Guillaume : Le spectre pour nous, désormais, il est immense ! Le dernier morceau que l'on a fait il est très simple niveau batterie mais finalement tout est dans la nuance. Vu qu'on a plus de barrières ça permet de faire beaucoup de choses.

[INTERVIEW] THE PINK ONE

Les textes, c'est toi qui les écrit Lucas ? Qu'est ce que tu racontes ?
* Lucas : Ca parle de tout. Il y a du ressenti personnel mais aussi des choses plus politiques ou sociétales. Il y a moins de sentiment amoureux que dans Red Browsers. Les trois premiers morceaux que l'on a enregistré sont plus axés sur le social ou le politique. Fast Line c'est une grosse métaphore du libéralisme, de ce qu'est le capital. Come Get Me Now parle d'un con parmi tant d'autres. 

Il y a un côté engagé maintenant ?
* Guillaume : Moi je le ressens ! Mais avant tu ne souhaitais peut-être pas le révéler autant que maintenant. 
* Lucas : C'est vrai. Là maintenant c'est direct. Quelque part, ça fait du bien aussi. J'évacue ce côté là. Je vois la scène comme ça désormais. Un endroit où je peux évacuer. L'écriture je veux que ce soit pareil. Je rate un truc sur Overwatch, j'écris un truc. Je ne sais pas si ça peut donner un texte, mais je l'évacue comme ça. Ca ne fera peut-être pas un texte ou une chanson, mais tout ce qui passe je le note. Je ne me prends plus la tête à faire des métaphores.
* Guillaume : Tes textes sont plus hargneux qu'avant, c'est certain. Il y a un côté énergique qui ressort aussi davantage. C'est plus revendicatif que politique. 
* Lucas : Le thème central des textes, c'est le monde d'aujourd'hui qui va à toute vitesse. Les points positifs et surtout négatifs qui sont la conséquence de tout ça.

Pourquoi Fast Line en premier titre pour présenter ce projet ?
* Lucas : Fast Line, il y a cette idée d'autoroute. C'est une ligne droite, c'est une métaphore du libéralisme avec cette idée d'aller toujours tout droit et de ne pas prendre de virages. D'oublier ce que tu es, ce que tu fais et ce que tu aimes. Il faut aller tout droit sans penser à rien. Ce côté vitesse illustre bien le côté progressif des morceaux, le fait que les morceaux de The Pink One soient souvent des lignes droites avec des rajouts au milieu. 
* Guillaume : En écoutant les morceaux, on pensait à une autoroute. Le fait d'aller vite, d'être concentré mais de voir des choses passer. Un flot d'informations arrive sur toi, mais tu ne t'en rends pas compte. 


C'est une métaphore des réseaux sociaux ?
* Lucas : Bien sûr, même si ce n'est pas le cœur même de la chanson sur Fast Line. D'autres titres en parlent dont "????" qui viendra plus tard. Le libéralisme, qui fait que tu dois oublier tout ce que t'aimes, ça fait aussi parti des réseaux sociaux. Tu te montres sous ton meilleur jour sur les réseaux sociaux, tu veux avoir une image parfaite. 
* Guillaume : C'est pour ça qu'il y a un motard aussi sur la pochette de Fast Line.
* Lucas : Il y a un dirigeable qui checke avec la lumière, les projecteurs sont vers les habitations. C'est Big Brother en quelque sorte.

Crédit photo : annanas._.d

Crédit photo : annanas._.d

Il y a une grosse influence du numérique dans The Pink One, les jeux vidéos, les réseaux sociaux... Tout ça transpire dans votre musique et votre univers. Comment vous puisez votre inspiration là dedans ?
* Lucas : Je puise pas mal mon inspiration dans les OST de jeux vidéos comme je l'ai dit précédemment. De l'électro aussi du Japon. Des trucs barrés que l'on ne voit pas ici. Des types qui soudent des Gameboys entre elles pour faire du son par exemple. L'esprit numérique, ça vient des jeux vidéos et beaucoup de styles musicaux divers et variés.


Le premier visuel de The Pink One, ça fait presque affiche de jeux vidéos...
* Lucas : C'est ce qu'on a voulu à travers le personnage de The Pink Raider. On travaille visuellement sur lui avec Vivantot qui m'aide à faire les graphismes. J'ai aussi un projet littéraire sur ce personnage, mais je n'en dirai pas plus pour le moment. J'aime beaucoup la culture japonaise autour du jeux vidéos sous toutes ses formes. Je suis très attiré par le Japon. L'inspiration de cette affiche qui fait jeux vidéos, c'est voulu. Il y a des projets autour de ça. Des projets d'animations et des projets littéraires.

Est-ce que le Pink Raider va être le personnage central de ce que tu vas raconter dans les textes de The Pink One ?
* Lucas : Non. Son histoire sera racontée à part. ll y aura peut-être des allusions dans les paroles avec des lieux ou des personnages. The Pink Raider ne sera pas raconté à travers The Pink One. Il a son univers, qui est assez vaste, mais il aura son histoire à part dans quelque chose d'autre. En plus, il n'a pas vraiment sa place dans ce projet ce personnage. Guillaume voudrait s'essayer à écrire des textes par exemple. Alors ça ne pourrait pas vraiment coller. Ce serait s'enfermer en plus de ne parler que de ce personnage. C'est un gimmick.
* Guillaume : Il fait parti des personnages secondaires. Il est là même si on en parle pas. 
* Lucas : The Pink One j'ai envie que ce soit plus notre histoire à Guillaume et à moi que celle du personnage que j'ai créé !

Il y a eu un petit mois entre août et septembre entre votre dernier concert comme The Red Browsers et le premier comme The Pink One. Comment vous allez faire la métamorphose ?
* Lucas : La priorité, c'est de développer le visuel au niveau scénique. Avoir de la déco, de la lumière.
* Guillaume : Avoir quelque chose de plus marqué, au niveau vestimentaire aussi. 
* Lucas : Musicalement il y a aussi toutes les nouvelles sonorités qu'il faut intégrer dans les anciens morceaux. Désormais, ils sont plus intéressants je pense et ils seront enregistrés. Même si on a mis, comme on l'a dit précédemment, un stop au projet d'album. 
* Guillaume : On savait déjà qu'on allait changer de nom en août pour le dernier concert des Red Browsers. La transition sur les réseaux sociaux a été pénible par contre. Ca a été le bordel mais on y est arrivé. Je suis étonné de voir que tout s'est bien passé... 
* Lucas : On a eu une bonne année de rôdage avec The Red Browsers on a fait une cinquantaine de dates. C'était mes premières scènes. C'est fou. The Pink One c'est l'aboutissement, on a identifié nos forces et on sait où l'on va. Je suis content de cette expérience avec le recul, ça m'a beaucoup apporté. Pour The Pink One, c'est un renouveau total pour moi. 

Dernière question, vous avez un scoop pour moi ?
* Guillaume : Dans peu de temps, on va mettre en place un projet de financement participatif pour imprimer des vinyles. Il y aura trois morceaux dessus donc Fast Line. On va essayer de faire beaucoup de communication dessus pour que ça marche. Ce sera sur Diggers Factory. 

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