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Rockfanch

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Musique de tous horizons et festivals au rendez-vous.


Feu ! Chatterton - 23 janvier 2016 - Les Arcs à Quéven

Publié par Julien sur 25 Janvier 2016, 11:59am

Catégories : #Chroniques concerts

20h30, samedi soir à Quéven. On n’est pas à Beyrouth, Bernard Lavilliers pourra le confirmer, mais tout de même, l’effervescence est de mise : il n’y a plus aucune place de parking dans un rayon d’un kilomètre autour de la salle, un food-truck a fait le déplacement et les trentenaires divorcées pressent le pas sous une pluie fine. Il parait qu’un groupe de romantiques parisiens investit Les Arcs. Rien à voir avec des chanteurs à minettes, la référence est culturelle. De cheveux gominés et de tee-shirt cols « V », ce soir, il ne sera pas question. Les « cadavres exquis incandescents » de Feu ! Chatterton vont faire parler leur son et leur poésie, pas leurs biscotos.

La première à succomber est Ophélie, du nom de la chanson qui ouvre leur album studio. À l’issu de cette mise en bouche, Arthur Teboul, moustache et costume trois pièces, déjà en nage, trouve les mots justes pour capter son auditoire : « En Bretagne, nous n’avons jamais été déçu...peut-être que vous non plus ? ». Dès lors, le charme opère et un public averti se délecte des affres des passagers du Costa Concordia et du sublime À l’aube , chanson étonnamment oubliée dans l’album « Le jour a tout enseveli » alors qu’elle figurait dans le premier EP. S’en suit une incandescente Mort dans la pinède qui profite du mur de fond de scène au relief si particulier pour être sublimée.

Bientôt, la communion bat son plein lorsque le poète au microsillon de velours propose une pyramide géante d’amour qui s’envolerait aussi haut qu’un avion qui survole un pique-nique...Une lumière d’un bleu rappelant celui du pantalon de Thomas Chatterton sur le tableau de Henry Wallis, qui a donné son nom au groupe, transporte alors l’auditoire dans la seconde partie du spectacle. La rythmique idéalement pensée du Bic medium écrit une belle page de concert qui file la métaphore d’une soirée parfaite et fait passer ses passagers par la Porte Z, sans encombre aucun. Pas d’atterrissage forcé pour les Morbihannais qui s’envolent au contraire, dans la fosse comme sur les gradins, au son du premier single du groupe. Boeing , boeing ! et chacun de danser, comme un Dumbo jet, oubliant les usages et les conventions.

Gratifiant l’auditoire de deux rappels savamment orchestrés et notamment d’une Malinche au son pyrotechnique, Feu ! Chatterton achève de montrer qu’il est bel et bien vivant en quittant la salle après un élégant Je t’ai toujours aimé qui sonne comme un hommage à un univers que l’on ne demande qu’à côtoyer plus souvent.

Certes, quelques questions restent en suspens, comme celle de l’étonnant parti pris de l’ingénieur du son qui a parfois fait un peu trop osciller la reverb dans la voix, ou celle, plus terre à terre, de la température corporelle atteinte par Arthur Teboul en sortie de scène...Mais l’ensemble est remarquable, à l’image de ce break inattendu durant Le pont Marie qui est la preuve, s’il en est, que les garçons de Feu ! Chatterton, ont longuement réfléchi à ce qu’ils voulaient proposer à leur public. De l’attention, sans aucun doute, en témoigne la présence de Clément, l’un des deux guitaristes aux rythmiques habillement réfléchies, modernes et explosives, dès la fin du concert au merchandising. On ne sait pas de quoi leur avenir sera fait, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ne lésinent pas sur les moyens pour le rendre radieux.

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